DJ Krush
Pour sa deuxième étape autour de la planète Mix, Camuz revient dans l’hémisphère Nord, mais à l’autre bout du monde, dans le « lieu d’origine du soleil » : le Japon.
Il y a plus de 20 ans, les grandes métroples de l’archipel découvrent le hip-hop américain. Depuis lors, loin du showbiz gansta et des superproducteurs à la Dr Dre ou Neptune, la scène nipponne est en sérieuse concurrence avec le maître. Son creuset : une scène underground qui s'oppose au rap commercial de la pop japonaise. Une chose est sûre, le futur Dj Krush a certainement participé à la popularisation dans son pays natal de ce tout nouveau style musical.
Après avoir décroché de l’école, le jeune Hideaki Ishii, né en 1962, intègre un gang des rues tokyoïtes durant plusieurs années et multiplie les actes de grande délinquance au cœur de la capitale.
Mais en 1984, il tombe par hasard sur une projection du film hip-hop Wild Style. Tourné dans le Bronx, il raconte les débuts de la culture hip-hop en abordant tous ses aspects : la danse, le rap, et le graffiti. Véritable élément fondateur de cette culture, il a suscité de nombreuses vocations. Et le jeune Hideaki n’y échappe pas. Grand-Master Flash sera désormais l’idole absolue du jeune homme assagi. Le jour suivant, il se précipite dans les boutiques pour s’acheter ses premières tables tournantes.
Dix ans plus tard et après deux ans de travail acharné, le dorénavant Dj sort son premier album résolument hip-hop intitulé sobrement Krush. Combinant la technique du sample aux instruments acoustiques, ce nouveau son nippon traverse les océans et parvient aux oreilles des Américains, mais surtout des Anglais.
C’est ainsi que James Lavelle, patron du label Mo’Wax catégorisé trip-hop propose à Krush une place chez lui. Flatté, le Dj accepte et accouche cette même année 1994 de son second album, le cultissime Strictly Turntablized.
À partir de là, très prolifique, Krush ne sortira pas moins d’un album par an. Entre froides expérimentations robotiques et mixes sauvages, passant de l’abstract hip-hop au jazz sans difficultés, seul ou en collaboration : à bientôt 50 ans, le nippon est une des références majeures du Dj-ing.
Article par Aude Mary
Publié le dimanche 31 janvier 2010.








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