Nobody Beats The Drum
Le trio hollandais Nobody Beats the Drum débarque pour la première fois à Montréal armé de son waffle house, un puissant mélange d’électro, de techno, de hip-hop, de rave et de pop. Entretien avec Jori Collignon, l’un des artisans de ce son déjanté.
« Notre musique est un amalgame de tout ce qui nous donne de l’énergie », explique le musicien. Avec ses comparses Sjam Sjamsoedin à la production musicale et Rogier van der Zwaag à la direction artistique et visuelle des spectacles, Jori Collignon a créé Nobody Beats the Drum (NBTD) il y a un peu plus de quatre ans.
Depuis, la formation suscite l’intérêt des Européens par sa recherche sonore et le mélange de ses influences. En 2008, Kanye West a vanté la musique du groupe sur son blogue en la qualifiant de « some cool, weird shit ». Difficile à catégoriser pour les médias, la musique de NBTD a été nommée « waffle house » par les membres du groupe. Clin d’œil à leur amour pour les gaufres, le nom renvoie également au côté sucré et rassembleur de leur musique.
Le groupe s’est imposé sur la map de la musique électronique grâce à ses tournées. « La chose la plus importante pour nous a toujours été de transformer la foule en une masse dansante et suintante, avance Jori Collignon. Même avant NBTD, Sjam et moi avions un groupe plus rock, très chaotique et improvisé, nommé Six of Your Best Friends. On donnait des concerts un peu partout en Hollande, et la foule répondait à l’appel. Quand on s’est tourné vers la production électronique, on a voulu garder cette énergie et cette capacité à mobiliser la foule. »
Plutôt nostalgique
Les Chemical Brothers et Daft Punk, deux légendes de la scène électronique européenne des années 90, ont fortement influencé le son du trio. « Ces groupes constituent une des raisons pour laquelle j’ai commencé à m’intéresser aux synthétiseurs et à la création électronique », se rappelle le DJ hollandais.
Avec la mort récente du rappeur MCA, NBTD redécouvre les albums des Beastie Boys qui les ont beaucoup influencés. Le groupe semble passer à travers une période nostalgique. « On fait beaucoup de route cet été, alors on a le temps de redécouvrir plein de vieille musique. La musique rave, entre autres, avoue-t-il. C’est intéressant de ressentir l’énergie de cette musique, dont les sons sont si éloignés de la musique actuelle. »
Une tournée américaine
Pour donner vie aux chansons de leur nouvel album Currents, NBTD entame une tournée de huit semaines qui le mènera un peu partout au Canada et aux Etats-Unis. Il foulera la scène de plusieurs festivals et partagera l’affiche avec les DJs électroniques de l’heure, de Skrillex à Diplo. « On a remarqué que le public américain était vraiment tourné vers les objets fluorescents et le hula hoop, plaisante Jori Collignon. Sans blague, il y a une énergie formidable à chaque spectacle qu’on fait chez vous. On se sent privilégié de pouvoir partager notre musique de ce côté de l’océan, et je crois que vous êtes prêts pour un gros party ! »
Le groupe s’arrêtera à la Société des arts technologiques (SAT) le 5 juillet prochain dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal (FIJM). Loin de faire dans le jazz, le groupe est tout de même flatté de l’invitation. « Nos parents vont être fiers de nous », blague le musicien.
Pour l’occasion, NBTD met le paquet et amène son attirail visuel. « Nous avons neuf écrans qui remplissent toute la scène, décrit le musicien. Les projections de Rogier sont délirantes. Elles transportent littéralement la foule dans un autre endroit. »
Bourreau de travail, le trio n’arrête pas de créer même en tournée. « Nous sommes constamment en train de travailler sur des remixes, des nouvelles chansons, des vidéos, explique Jori Collignon. On s’adapte à tous les endroits : les chambres d’hôtel, les appartements d’amis, le camion de tournée… Le changement de paysage nous inspire. C’est merveilleux. »










