Mighty Kat
Mighty Kat: on connaît bien la DJ, mais que sait-on de la femme? Véritable vétérante de la scène montréalaise, elle s'y active depuis près de treize ans. Loin d'être mystérieuse, cette native de Trois-Rivières est même plutôt fonceuse. Mais, comme bien des DJs, elle n'est pas nécessairement encline à se dévoiler autrement qu'à travers l'histoire que ses sets racontent.
Au début de sa carrière, et en moins de trois ans, elle est passée de fan qui se déhanchait devant le DJ booth à DJ vedette qui obtenait déjà ses premiers engagements à l'étranger, dont notamment une résidence à Rome et quelques tournées européennes, en plus de ses premières résidences montréalaises, dont au Laïka.
«Le terrain était beaucoup moins saturé qu'il peut l'être aujourd'hui et j'ai eu la chance de rencontrer, d'être acceptée et d'avoir l'aide de gens comme Luc Raymond, Maus, Miguel Graça, Alain Mongeau de Mutek, Akufen, Krista et compagnie». Pas une mince tâche!
On se pose souvent la question, mais on ose rarement la poser ouvertement: est-ce que le fait d'être une femme dans un métier majoritairement occupé par des hommes (surtout à la fin des années 90) permet à celles-ci de jouir d'une plus grande notoriété à cause d'une certaine forme de discrimination positive? Est-ce que le fait d'être une femme ouvre plus facilement certaines portes?
«C'est sûr que ça m'a aidé un peu au début, surtout que dans ce temps-là, nous n'étions vraiment pas beaucoup... Il y avait Maüs, Krista, Misstress Barbara, Soul Sistah et moi, essentiellement. Comme ce n'était pas une chose commune, les clubs aimaient bien se servir de ça pour la promotion.», répond-elle avec une honnêteté peu commune.
Selon elle, il demeure que pour réussir à percer dans ce domaine, il faut 50% de talent et 50% de travail de relation publique. Toutefois, en réalité dans les clubs, c'est malheureusement trop souvent 75% de relations publiques et 25% de talent.
Et c'est sans parler de ce que nous oserons appeler «l'effet Beatport». Selon Dominique, comme pour bien des acteurs de la scène musicale électronique, la démocratisation des moyens de production et de distribution, pour tous les avantages qu'elle comporte, rend la tâche plus ardue. D'une part parce que soudainement, tout le monde peut devenir DJ, mais aussi parce que la rareté n'existe plus.
«Dans le temps, la seule façon qu'on pouvait avoir cette musique c'était d'acheter les vinyles. Ça me coutais cher ! Je pouvais facilement dépenser 150$- 300$ de musique par semaine. Maintenant, tout est accessible et n'importe qui peut s'équiper d'un logiciel de mixage, acheter le Top 100 pour quelques dollars et produire un mix qui semble impeccable. En plus, il n'y a pas beaucoup de clubs à Montréal, et c'est difficile d'organiser une soirée car tout le monde veut être sur la guestlist... les gens oublient que c'est important de payer l'entrée pour permettre d'avoir des djs de qualités.
Pronto!
Quoi qu'il en soit, Dominique concentre désormais au moins autant d'efforts au succès du label Pronto Musique, qu'elle codirige avec Miguel Graça, qu'à sa carrière de DJ. Sa première production sur Pronto Musique est un remix aussi deep qu'excellent pour la pièce And On Now dudit Graça. Ce remix est paru en mai dernier et d'autres remixes et productions de Dominique et des autres artistes de l'écurie Pronto sont parus récemment et suivront bientôt.
Elle sera de passage pour la dernière sur la scène principale du Piknic Électronik le 25 Septembre prochain dans le cadre de Pop @ Piknic, en compagnie des Français DOP ainsi avec ces comparses Nymra & Sofisticated, avec qui elle joue régulièrement.
Article par Monsieur Seb
Crédits photos: Myriam Rafla et Maximilien Lincourt
http://soundcloud.com/mightykat/
http://www.beatport.com
http://www.prontomusique.ca
PIKNIC ELECTRONIK
22 mai au 25 septembre 2011
12$ (gratuit pour les 12 ans et moins)
14h à 21h
Métro Jean-Drapeau
Application moblie Piknic Électronik 2011 disponible sur App Store.
Site officiel: piknicelectronik.com
Twitter: twitter.com/piknic
Facebook: facebook.com/piknicelectronik
Publié le dimanche 28 août 2011.




