Melvins Lite
On les connaît parce qu’ils sont intimement liés à Nirvana, parce qu’ils se font remarquer grâce à leur approche avant-gardiste de la musique et parce qu’ils sont solidement respectés au sein de la scène underground américaine depuis presque 30 ans, les gars des Melvins en remettent aujourd’hui une couche avec un projet exploratoire comprenant officiellement Trevor Dunn dans ses rangs : Melvins Lite. Le monsieur s’est collé à Mr. Bungle, Fantômas et John Zorn tout au long de sa carrière et maintenant, il se colle à Camuz pour parler de bière light, de record Guinness et de Joanna Newsom... « normal, quoi ». Entrevue sans détour avec Trevor Dunn :
Tu as beaucoup de concerts cet été n’est-ce pas?
Oui, j’ai eu un agenda assez chargé. Depuis un an et demi, je suis presque constamment en tournée avec différents groupes.
Vas-tu tourner avec les Melvins en septembre pour le record de la « Tournée la plus rapide des États-Unis »?
Oh oui, je vais en faire partie! J’essaie justement de me préparer mentalement : je mange mes brocolis et je fais mes pompes!
C’est un record Guinness que vous essayez de relever...
Apparemment, oui. J’ai lu un article en ligne à propos de George Thorogood qui l’aurait fait dans les années 80, mais j’ai aussi entendu dire qu’il n’avait pas complété cette tournée...
Pourquoi est-ce que vous faites ça?
(rires) Pourquoi pas? Non, en fait la façon dont Buzz l’explique, c’est qu’il croit qu’il est temps pour eux de faire quelque chose de complètement fou. Ils essaient constamment de repousser les limites de la musique en général alors, on pourrait juste dire que j’ai été coincé dans ce projet!
Peux-tu nous en dire plus sur Melvins Lite? Parce qu’au début, ça semblait être un nom de tournée puis, il y a quelques jours, vous avez sorti un album sous ce nom.
Oui, il vient tout juste de sortir! En gros, c’est Dale, Buzz et moi et j’y joue de la contrebasse. C’est la première fois que les Melvins ont cette incarnation; j’ai joué souvent avec eux, mais façon électrique, plus « traditionnel », si on veut. Mais un jour, Buzz m’a vu jouer de la contrebasse avec Nels Klein Trio et il a été vraiment intrigué par ce que je faisais avec l’instrument. Il a donc décidé qu’il voulait intégrer ça aux Melvins et on a fait une petite tournée en Californie l’été dernier pour voir si ça pouvait fonctionner. On s’est revus au début de 2012 pour composer ensemble et comme tout allait bien, on a finalement sorti ce disque.
Dirais-tu que Freak Puke est le 18ième album des Melvins ou le premier album de Melvins Lite?
(rires) Euh... je dirais les deux, en fait. C’est définitivement encore les Melvins, les Melvins ont pratiquement toujours été le fruit de Buzz et Dale alors ceci est probablement juste une variation du groupe. Ils continuent leur projet original qui est maintenant une version quartet avec deux batteries alors Melvins Lite ne remplace rien.
Est-ce que tu bois ta bière « light »?
Euh... non, je préfère les bières plutôt ambrées...
Alors pourquoi les gens préféreraient-ils leur Melvins « Lite »?
Oh! (rires) Je dirais que Melvins Lite a probablement dix fois plus de kick que la bière « light »!
Vous aviez une direction à suivre lorsque vous avez écrit cet album ou était-ce plutôt basé sur l’expérimentation avec la contrebasse?
Il y avait un degré d’expérimentation, c’est sûr, mais Buzz voulait surtout exploiter les techniques que j’utilise avec la contrebasse, que ça soit des techniques plus particulières ou simplement des lignes rock traditionnelles. Il m’a laissé libre, en quelque sorte. L’introduction du disque, je l’ai pratiquement créée seul. Il m’a proposé quelques idées vagues, mais il voulait surtout que je fasse ce dont j’avais envie : j’ai donc joué avec un archet et exploré des techniques plus poussées de noise ou des sonorités propres à la basse acoustique, instrument qui permet de jouer avec beaucoup plus de couleurs qu’une basse électrique.
C’est intéressant de marier la contrebasse avec les Melvins...
Oui, je trouve aussi. Le seul problème c’est que même si ça s’appelle Melvins Lite, ça reste les Melvins et du coup, ça reste assez bruyant. La contrebasse est une grosse caisse à résonance et chaque son de la pièce vient s’y loger alors ça devient difficile de contrôler la rétroaction. Je vais devoir essayer de régler ce problème durant la tournée.
J’espère que tu trouveras une solution avant d’arriver à Montréal!
Ça devrait me laisser le temps (rires).
Pensez-vous faire un second album avec cette variation? Il est peut-être un peu tôt pour demander puisque vous sortez à peine le premier, mais en avez-vous parlé un peu?
J’espère continuer ce projet! On n'a encore parlé de rien, mais on s’entend bien et on aime jouer de la musique ensemble... je suppose que cette tournée sera le vrai test (rires), mais en fait je ne vois pas pourquoi on n'en ferait pas un autre.
Je lisais ton site Internet l’autre jour et un fan t’avait posé la question d’une éventuelle seconde collaboration avec Joanna Newsom... te souviens-tu de ta réponse?
Probablement quelque chose de pas très gentil?
Je vais te lire ce que tu as écrit : « Joanna Newsom est nulle. Sa voix m’énerve au plus haut point, ses paroles me rappellent la merde que je faisais quand j’avais 10 ans et son jeu de harpe est ennuyant au mieux. Ce dernier album arrangé par Van Dyke Parks aurait pu être bon sans la harpe et la voix. » Évidemment, je veux savoir l’histoire.
(en riant depuis le début) C’est un peu méchant, je l’avoue. J’ai déjà fréquenté quelqu’un qui jouait de la harpe alors j’ai appris à connaître l’instrument relativement bien. Quand le premier album de Joanna Newsom est sorti et que tout le monde sautait sur place, je me souviens l’avoir écouté et apprécié pendant cinq minutes jusqu’à ce que je me rende compte que je ne pouvais pas aller au-delà de la voix. Je trouve que la harpe est un instrument merveilleux et qu’elle ne l’explorait pas vraiment bien; de là ce commentaire. Évidemment, elle a amplement le droit de faire de la musique et au fond, mon opinion importe peu. Je n’essaie pas de justifier ce commentaire, mais c’est de là qu’il vient.
Ce n’était donc rien de personnel?
Non, je ne l’ai jamais rencontrée et Dieu merci, avec ce commentaire en ligne ça n’arrivera probablement jamais.
Tant mieux, tu aurais probablement eu droit à une claque en pleine gueule.
Et je l’aurais mérité, je suppose. Elle n’aurait d’ailleurs pas été la première.
Tu reçois pas mal de claques en pleine gueule?
(rires) Ça, c’est une question personnelle!
Alors terminons là-dessus : quels sont les plans futurs pour tes propres groupes?
La prochaine chose sur ma liste concernant ma propre musique est un album qui s’appellera B’s For Solo Bass et je veux également faire un autre album de Trio-Convulsant. Même si je n’ai encore rien écrit, je sais que je veux y ajouter des cordes et en faire un album totalement différent de ce à quoi le projet était voué par le passé. Je fais une semaine à The Stone de New York à la fin de 2013 alors je pense que je vais y présenter ce travail. J’ai encore mon groupe rock MadLove, mais il a été inactif ces derniers temps parce que j’ai été pas mal occupé à jouer avec d’autres groupes et du coup, je n’ai pas eu assez de temps pour me concentrer sur mes projets personnels. Ça viendra.
Melvins Lite avec Retox | Théâtre Corona | 3 juillet








