Maus & Soundshaper
Dix années après leur «première fois», le 24 juin prochain, Maus et Soundshaper se retrouveront aux platines, ensemble, au Piknic Électronik. Et parce qu'en dix ans, il s'en cumule des souvenirs et qu'un seul article ne peut tous les contenir, perdons-nous dans les moments marquants et les anecdotes qui font la carrière de ces deux DJs montréalais.
Maus, c'est une belle brune, petite vous vous en doutez, avec un caractère de gars de construction qui n'a jamais eu peur de ses ambitions. Mais surtout, c'est une passionnée qui a toujours gardé l'oreille tendue et les bras ouverts... à la recherche de sons et de sensations à transmettre.
Soundshaper, c'est un des vétérans de la scène électro de la métropole. Il ne se cache pas derrière ses 25 ans de carrière, au contraire. Il a investi son temps ici par choix, pour alimenter les meilleurs clubs et mettre sur pied des soirées qui sont passées au rang de légendaires.
Ensemble, ils sont complices. À travers la musique ils ont beaucoup partagé, entre eux et avec d'autres DJs. Et il y a dix ans, ils jouaient au Piknic Électronik, devant à peine plus de 100 personnes (il y en avait près de 8000 le 20 mai dernier!).
« Ça fait vraiment 10 ans, presque jour pour jour. Mais je pense que c'était le 22 juin... Je me souviens qu'on attendait la Saint-Jean pour faire décoller ça », s'interroge Maus en regardant vers Soundshaper. « C'était une super belle journée, hyper ensoleillée. Je m'en souviens parce que je ne ''feelais'' vraiment pas et tu m'as remonté le moral, comme d'habitude », toujours en regardant son ami.
Ils me parlent du premier Piknic, mais aussi des suivants. Se remémorent une grosse tempête, le chapiteau qui part au vent, la scène qui était placée à l'opposé d'où elle est maintenant. Et Stephan (Soundshaper) se dit qu'il a fait toutes les jobs au Piknic à part être DJ, pour le fun. Parce que tout le monde y était et que les DJs de Montréal attendaient un événement du genre depuis longtemps.
Mais avant...
Maus rit et se cache un peu le visage avant d'entrer dans les détails de leurs « afters » diurnes illégaux. « On a même fabriqué des faux permis pour jouer sur la montagne (Mont-Royal). On se ''pluggait'' pas loin des tam-tams, dans le pavillon blanc. Et on invitait nos amis. » C'était vers la fin des années 90 et Montréal connaissait une de ses belles périodes en termes d'événements électro. C'était le « peak » des afterhours et des raves. On jouait de la house, de la house progressive et du techno. Maus et Soundshaper eux refusaient de se camper dans un seul style et ont continué leurs sets drum'n'bass teintés de hip-hop, sans se refuser à la house et au techno.
Ils ont fait ensemble et seuls les grosses soirées qui ont fonctionné pendant longtemps. Au Blizzarts, Daomé, Yoda, Cafeteria, HighBar, Laïka...
Mais c'est au Yoda qu'ils se sont rencontrés, coin Roy et Laval. Soundshaper jouait là et Maus habitait juste à côté. « Je suis arrivée là avec une perruque bleue, une robe super moulante, une cassette démo dans une main et un cv dans l'autre. J'ai dit ''J'aimerais ça être barmaid et DJ.'' Et ils m'ont engagée », se rappelle-t-elle.
« Je jouais les jeudis et elle servait ces soirs-là. Elle venait toujours me voir, me posait des questions, sur la musique, sur ma façon de mixer. Je me suis dit ''coudonc, t'aimes ça, tu connais ça''. » Et Maus rougit encore. « Je lui avais répondu que je jouais les mercredis, gênée, parce que je l'admirais, je ne voulais pas qu'il me voie. »
Mais Soundshaper l'a vue et l'a surtout entendue. Puis ils ont commencé à jouer ensemble, en « tag team ». Et ils ont fonctionné comme ça pendant au moins cinq années consécutives, mais ont souvent renoué avec ce plaisir au fil des ans.
Tout pour le son
Maus et Soundshaper s'entendent parfaitement sur une chose : il n'a jamais été question de style musical pour eux, mais de son, de bon son. Stephan a commencé à mixer alors qu'il travaillait au feu InBeat du centre-ville et qu'il allait chercher des vinyles aux États-Unis pour la boutique. Et Maus se rappelle très bien cette époque où fouiller dans les cartons des nouveaux arrivages était un moment excitant. «Ça sentait bon! On faisait des écoutes en groupe, on échangeait. C'était un rituel.»
Aujourd'hui, c'est Beatport et ses sorties régulières et nombreuses. Peut-être même trop quant à eux. « On se fait dire ''Han c'est vraiment vieux cette track-là'', dit Maus, et j'ai souvent le goût de répondre ''Euh, c'est parce que c'est sorti ça fait une heure. » À la blague, mais pas tant. Parce qu'il est vrai qu'à Montréal on aime le hip-hop « old school », mais on veut son électro fraîchement sorti de la machine.
Qu'à cela ne tienne. Maus et Soundshaper croient encore qu'il faut fouiller dans sa discothèque pour brasser les foules. Et c'est ce qu'ils vous réservent pour le Piknic du 24 juin; cet heureux mélange d'hier et d'aujourd'hui, pour célébrer les dix ans d'un événement unique à Montréal, qui même après une décennie et les foules de milliers de personnes, garde encore une importante place pour les « music lovers » d'ici.
Maus & Soundshaper | Piknic Electronik | 24 juin







