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Rencontre avec
Van Did

Van Did est un jeune compositeur de musique électro qui passe de succès en succès. Entre les compositions et remixes qui couvrent sa page SoundCloud, sa récente tournée en Europe à l’été 2013 et de nombreuses activités culturelles auxquelles il participe, il demeure tout de même modeste, citant l’ouverture d’esprit, le partage et la gratitude comme quelques-unes des valeurs au cœur de sa musique et de sa personne. Rencontre avec le jeune artiste électro dans un studio de composition électro-acoustique de l’Université de Montréal.

 

Comment est né Van Did ? Quel chemin a-t-il parcouru pour arriver ici, devant moi ? 

Je suis né et j’ai grandi à Mexico. J’ai vécu à Montréal de 6 à 8 ans, et je suis rentré au Mexique. Je voyais qu’il y avait peu d’opportunités en musique là-bas, alors j’ai décidé de revenir à Montréal. Je suis vraiment reconnaissant de pouvoir venir étudier et vivre ici. Juste le programme universitaire de composition électro-acoustique dans lequel je suis, c’est un privilège. Peut-être que ça me pousse à vouloir profiter au maximum de ma vie et de ce que j’ai. La gratitude est un sentiment important pour moi. J’essaie toujours de dire merci. Quand je joue, j’ai le sourire, j’y prends du plaisir et je ne suis pas gêné de le montrer. J’aime apporter quelque chose à la fête. J’essaie de voir les morceaux qui marchent le mieux, de mettre une bonne ambiance, parce que j’aime connecter avec le public. Je me mets un peu au service des gens. Quand on partage, on reçoit beaucoup. J’ai sorti un EP qui s’intitule Antaa (donner en finnois). Je suis tombé sur cette phrase que j’ai bien aimée : « Happiness doesn’t result from what you get, but what you give. »

La joie, c’est de donner, de partager, et c’est en donnant que tu vas grandir et que tu vas recevoir. C’est pour cette même raison que je donne une bonne partie de ma musique en téléchargement gratuit.  https://soundcloud.com/esteban-lara/sets/gr-free-dl

 

Le milieu de la musique est difficile. Il faut souvent se battre, non pas pour trouver sa place, mais pour la faire. Qu’est-ce qui te motive à te lever le matin, et continuer à faire de la musique ?

C’est intéressant que tu le dises comme ça, parce que je trouve que, dans le milieu des DJ surtout, il y a un peu cette attitude de se battre pour les plateformes, pour essayer de jouer ici ou ailleurs. Il n’y a pas d’attitude de collaboration, et pour moi, c’est tout le contraire. Cette année, j’ai fait une dizaine de collaborations, dont une avec Melodule et une autre avec Deepfunk, un artiste de Malte. C’est l’une des choses qui m’inspirent à faire de la musique : apprendre, collaborer, échanger. J’essaie de rester ouvert.

Depuis plus d’une dizaine d’années, je crois au concept d’unité. Tout est lié d’une façon ou d’une autre. Certains écologistes disent qu’on est tous lié à travers l’air, comme si on était dans un plasma. Je crois que la musique aussi tisse ce lien d’unité entre les personnes. Je sens que je suis au service de quelque chose, et je fais de mon mieux pour arriver à une sorte de transcendance avec la musique. Je crois que la musique a une importance aux niveaux intellectuel, émotionnel et spirituel.

 

Tu parles d’écologie. Tu écris toi-même que l’environnement est une source d’inspiration. En quoi vient-il influencer ta musique ?

Avant de faire de la musique, j’ai pensé m’orienter vers les sciences de l’environnement ou la biologie. Quand j’ai décidé de faire de la musique, c’était important pour moi de continuer à préserver ces intérêts. J’ai composé une pièce qui s’appelle “Simplicité volontaire“. C’est inspiré de la pensée d’un groupe de Québécois dont les membres ont décidé d’être libres de choisir ce qu’ils voulaient consommer, et de ne pas être esclaves de la consommation. Je voulais communiquer cette idée. Même si ce n’est pas dit littéralement, j’essaie toujours d’intégrer un message dans ma musique.

 

Tu essaies d’être cohérent, d’avoir une unité dans ton propos ?

Oui, un engagement aussi de vouloir communiquer quelque chose aux gens. L’environnement vient orienter mon intention.

 

Dans ta biographie, disponible sur Internet, tu décris de façon très colorée et variée ta musique. Tu parles d’une dimension immersive, de narration, de texture et de saveur, de profondeur. C’est assez abstrait comme descriptif. Pourrais-tu être plus clair ?

J’ai suivi une courte formation dans la SATosphère. Ce genre d’environnement a été inspirant pour la dimension immersive de ma musique, le son en 3D. À l’écoute, j’essaie de recréer des paysages sonores et de rendre les musiques électronique et électroacoustique plus accessibles en les combinant. La musique électronique est plus intéressante lorsqu’il y a une foule de détails et de variations qu’on n’arrive pas à saisir complètement.

 

Un peu comme un son, finalement. Puisqu'un son, ce n’est jamais fixe, il y a toujours une part d’aléatoire. Il y a donc une part d’imprévus dans tes compositions.

Oui, c’est ça. Justement, j’utilise des sons que j’enregistre, pas juste des sons synthétiques. J’aime le côté plus complexe des sons. J’essaie de faire une musique qui est à la fois convenable pour un club et intéressante à écouter, qui a des petites subtilités, qui chatouille l’oreille.

 

Ta musique est à la fois une musique savante et une musique de dance floor. Tu penses que les deux se combinent ?

Ouais ! Même quand je fais de la musique pour des clubs, j’y intègre des éléments plus recherchés, pas juste du rythme. En ce sens, je pense avoir développé une grande variété dans mes compositions.

 

En tant que jeune compositeur, quel futur conçois-tu pour toi-même ?

J’ai encore envie de faire des collaborations, d’apprendre et de participer à des activités culturelles. Je garde l’esprit ouvert. J’ai une dizaine de projets ficelés qui vont sortir d’ici mai 2014. Le 18 décembre, j’ai un morceau qui paraît sous le label Traum Schallplatten. Ce morceau, je l’ai composé il y a presque deux ans. Je sais que ce sera des bonnes sorties, c’est seulement une question de temps.

 

Et pour la musique électro ?

Je pense qu’il y a beaucoup de producteurs vétérans qui se plaignent en disant que n’importe qui avec un ordinateur peut s’affirmer producteur. En fait, c’est devenu un art beaucoup plus accessible. C’est moins élitiste qu’avant, et je crois que c’est une ouverture vers des tas de possibilités. La musique électronique va continuer à évoluer et sera alimentée par de nouvelles inspirations et de nouveaux artistes. De mon point de vue, c’est génial.

 

Tu donnes un concert le 14 décembre à l’Inspecteur Épingle ?

Oui, ce sera un show intime pour fêter les deux années de mon label Grrreat Recordings. J’aime bien jouer dans les salles plus petites, car tu peux avoir une meilleure connexion avec le public.

 

En terminant, l’arme secrète de Van Did, c’est…

L’ouverture d’esprit, être réceptif aux idées des autres et aux accidents qui apparaissent. C’est souvent là qu’il y a le plus de beauté.

 

Soundcloud de l’artiste : http://soundcloud.com/esteban-lara/ 

Événement Facebook pour le prochain concert : https://www.facebook.com/events/598949053499133/

Soundcloud du label Grrreat Recordings : https://soundcloud.com/grrreat-recordings

Crédit photo: Pascal Dumont 

EP Antaa : Collaboration avec Deep Funk : Simplicité Volontaire :

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À propos de l'auteur

Pierre-Luc Senécal

Pierre-Luc Senécal

Quand petit Pierre-Luc a demandé à Papa d’apprendre la guitare à douze ans, il n’avait aucune idée de ce qui l'attendait: des milliers d’heures à écouter les solos de guitare de Pink Floyd et d’Iron Maiden, à s'imaginer diriger un orchestre jouant Mahler ou être le batteur de Cannibal Corpse. Aujourd’hui, j’étudie la composition électroacoustique et je trippe ma vie. Ma philosophie: si c’est de la musique, ça s’écoute! Même le pornogrind ...
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