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L’Orchestre de la Francophonie, vous connaissez?

Mardi dernier, j’ai été conviée à une soirée très peu commune. Je ne m’attendais à rien, si non peut-être à un remix de la musique de Brahms version DJ… le marathon des 4 symphonies de Brahms? J’avais du mal à y croire. Mais pourtant. Du classique dans un cadre de béton, une expérience totalement survoltée.

J’arrive sur place.

Surprise numéro un : l’évènement se tient à la Société des Arts Technologiques.

Surprise numéro deux : l’age moyen des musiciens se situe début de la vingtaine, en mode postconservatoire, postuniversitaire, collégial ou dans un entre-deux de carrière. Du beau monde à lunettes (parfois) ou à talons (j’ai souvenir d’une violoncelliste qui en portait de très hauts), jumelés à leur instrument comme on l’est à son ombre : en flagrant délit de réalisme, avec cet objet qui marque le temps de leurs journées. Les jeunes sont beaux, concentrés et me rendent fière.

L’orchestre en faits

En 2001, L’orchestre de la Francophonie prend vie expressément pour les jeux de la francophonie d’Ottawa et est actif depuis, permettant à une soixantaine de jeunes francophones (bientôt 50% de provenance hors Québec) de profiter d’une formation professionnelle sérieuse. On leur offre un accompagnement psychologique (pré et postauditions), les services d’un ergothérapeute pour musiciens, des classes de maîtres, des séances d’exploration technologique… un superbe stage d’été de quatre heures par jours, «au moment où on a le plus de chances de les pogner», m’expliquera Jean-Philippe Tremblay, le chef d’orchestre de l’ensemble. En perpétuant cette tradition orchestrale, ce dernier s’assure d’encourager la relève de musiciens classiques et espère en motiver quelques-uns à bâtir leur propre projet d’ensemble.

Pourquoi avoir choisi la SAT?

Pour l’expérience du «classique dans un cadre de béton, avec cette touch d’expérimentation électro». Rien de moins.

Une soirée de contrastes

Face aux grandes fenêtres aléatoirement illuminées de la SAT, on nous annonce le début d’un marathon : 4 symphonies de Brahms et l’interprétation de 2 pièces du compositeur Julien Bilodeau en intermède, avec la présence d’un dj pendant le pré-concert et pendant l’entracte.

Et là, je m’éprends de plusieurs sentiments. Un feu d’artifice de couleurs harmoniques, une contradiction des textures ambiantes et sonores… Je suis partout, je flotte sur le Brahms entre matière et nuage, dans un environnement où tous les souffles sont audibles et où les pulsions rythmiques sont accentuées par les globes lumineux de la SAT. Je compte les mouvements… et BAM, on nous débarque cette compo moderne-accessible de Bilodeau où le trombone basse s’en donne à cœur joie. Le son est plus épique que dans le plus gros des cinéma Famous Players. On m’avait déjà dit que le béton, ça vibre?! Non, je ne pense pas.

Et ainsi de suite, dans une atmosphère conviviale, l'évènement se déroule pour se terminer quatre heures plus tard, presque sans avoir ralenti. Une soirée qui aura servi de tremplin d’accessibilité pour la musique de ce genre et qui souhaitons le ouvrira la voie à de nouvelles initiatives classico-médiatrices.

Pour plus d’informations sur les activités de l’Orchestre de la Francophonie, visitez le http://www.orchestrefranco.com/

 


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À propos de l'auteur

Marie-Eve Boulanger

Marie-Eve Boulanger

Suite à des études en jazz qui l'ont quelque peu «brainwashée», Marie-Eve fait de la la démocratisation des pratiques musicales émergentes son quotidien, parsemé de découvertes mélodiques et de coups de foudre musicaux. Ouverture, coeur et spontanéité: à chaque semaines, on peut aussi retrouver ses chroniques musique et culture sur les ondes de Choq.fm et CKUT.
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